STRIP SCREEN
performance, danse butô, projection, son

production : le collectif Fossile, association Membrane
performance présentée au festival Vision'R 2012


Le Collectif Fossile propose au spectateur d'explorer l'intimité des plis et replis du corps humain en s'inspirant de la dramaturgie du strip-tease : un effeuillage progressif, itératif, dans lequel chaque vêtement est à la fois le voile qui dérobe le corps au regard et le support d'une image projetée.

Le vêtement de la performeuse est constitué d'un mille-feuilles de bandes et de tissus blancs qui se découpent sur un fond de scène noir. Nous avons choisi de travailler le contraste du blanc sur noir, de sorte que seule la silhouette de la danseuse vêtue de blanc et les tissus dont elle s'est dépouillée puissent offrir une prise aux images projetées, le noir en fond absorbant l'image qui n'est pas reflétée par les tissus blancs.

Traitement
Le travail sur l'image propose un parcours de la matière épidermique en macrophotographie, une fragmentation du corps qui rappelle la pratique médiévale du blason (et du contreblason), de l'éloge érotique à la satire. Le corps si proche que la reconnaissance de telle ou telle de ses parties laisse place à la seule texture de la peau. A la chute du dernier voile, c'est la peau elle-même qui deviendra écran pour laisser entrevoir ce qu'elle dissimulait et mettre à jour la chair, les tissus, le corps intérieur.

Parallèlement à l'image, le son du corps dansant est amplifié selon la même focalisation intimiste : le flux et le reflux de la respiration, traités et samplés en direct et mixés avec les bruits du tissu et des fragments de voix chuchotée constituent une bande sonore organique d'inspiration bruitiste.

Nous avons choisi de construire la chorégraphie en nous inspirant de la danse butô que nous pratiquons depuis quelques années aux côtés de Masaki Iwana, Yumiko Yoshioka, Maria Teresa Vaos Solano, Gyohei Zaitsu, Yumi Fujitani et Atsushi Takenouchi. Le butô est un mouvement underground né a  cours des années 1960 dans les maisons-closes japonaises, à michemin entre la performance et le théâtre, qui met en oeuvre dans le corps dénudé les pulsions de l'érotisme et du subconscient à travers la matérialité de la chair et de la présence. Le butô se nourrit d'influences diverses, orientales et occidentales, parmi lesquelles l'oeuvre de Georges Bataille, les ballets de Nijinski, Lautréamont, le Nô et le Kyôgen.